Chatbots et dépendance
- La faculté Libre

- 5 déc. 2025
- 2 min de lecture
Quand l’IA devient un miroir de détresse : ce que révèle l’analyse de Michaël Stora
Dans un article récent publié dans Aujourd’hui, le psychanalyste Michaël Stora revient sur un phénomène encore mal compris mais de plus en plus visible : la dépendance relationnelle aux chatbots chez certains adolescents et jeunes adultes.Il y décrit des situations où l’outil numérique, conçu pour aider, accompagne parfois la souffrance psychique… jusqu’à la renforcer.
À travers l’histoire de deux jeunes, Jean et Arthur, l’article montre comment une relation prolongée avec une intelligence artificielle peut créer une illusion de soutien, tout en enfermant l’utilisateur dans une position de passivité ou de victimisation.L’IA répond, écoute, ne contredit jamais vraiment — elle épouse la détresse, mais ne permet pas de s’en déprendre.
Pour Michaël Stora, ce glissement est loin d’être anodin :lorsque l'échange virtuel remplace le lien humain, il peut devenir un espace fermé, où ruminations et angoisses circulent sans véritable élaboration. Ce qui semble sécurisant à court terme peut empêcher l’avancée psychique, voire accentuer le sentiment d’isolement.
Ce constat résonne particulièrement avec la mission de la Faculté Libre, qui défend une approche globale et incarnée de la santé mentale.La relation thérapeutique n’est pas un flux de réponses : c’est une rencontre, un cadre, un travail.Rien dans un dispositif automatisé ne peut remplacer ce processus, ni contenir les mouvements inconscients qu’il mobilise.
Cette réflexion nous invite à interroger deux enjeux contemporains :– Comment accompagner la génération la plus connectée de l’histoire sans méconnaître sa vulnérabilité psychique ?– Comment développer des usages éclairés des outils numériques sans leur attribuer une fonction symbolique qu’ils ne peuvent tenir ?
L’article de Michaël Stora nous rappelle que la technologie n’est pas une menace en soi. Elle devient problématique lorsque nous attendons d’elle ce qu’elle ne peut offrir : une présence humaine, une écoute incarnée, un travail de pensée partagé.
À la Faculté Libre, nous défendons justement cette idée simple et essentielle :la santé mentale se construit dans le lien humain, pas dans sa simulation.









Commentaires